Maziar est comptable au bureau d’accueil du site archéologique de Persépolis, près de Chiraz. Il parle avec un ouvrier chargé de la préservation du site au pied des bas-reliefs achéménides du Ve siècle avant JC, lesquels représentent les dignitaires de l’empire perse portant des présents à l’empereur. Persépolis a été détruite lors d’une nuit d’orgie par son conquérant, Alexandre le Grand, en 330 avant JC. A la fin des années 1960, le dernier Shah d’Iran a hâtivement remonté quelques colonnes pour que le site, d’importance mondiale, serve de décor aux célébrations démesurées du 2500e anniversaire de son Empire, le 14 octobre 1971. A la révolution, l’ayatollah Khomeiny a donc manifesté le plus grand mépris pour Persépolis, qui a failli être rasée au bulldozer par l’un de ses sbires. Aujourd’hui, le site est redevenu un élément important du patrimoine iranien ; il alimente même le nationalisme en vogue à Téhéran.
Diaporama des célébrations extravaguantes de Persépolis en 1971, sur fond d’hymne national. La monarchie iranienne fête son 2500e anniversaire, mais ignore qu’il ne lui reste plus que 8 ans à vivre. Ces cérémonies, qui ont été le plus grand rassemblement de chefs d’Etats dans l’histoire, sont aussi le chant du cygne du système impérial. Le Shah est alors apparu plus loin que jamais des préoccupations de son peuple.
Voir aussi cette émission consacrée à la retransmission, en direct de Persépolis, des fêtes du 2500ème anniversaire de la fondation du royaume des Perses le 14 octobre 1971. Les interviews de Bernard GENSOUS, ingénieur en chef de l’ORTF, responsable de la partie technique de la retransmission et de Léon ZITRONE qui assurait les commentaires, alternent avec de très larges extraits de la retransmission. Pour Léon ZITRONE, ce fut "le reportage le plus difficile [qu’il ait] fait depuis 22 ans". Il évoque le désordre et la pagaille qui régnaient, la carence des services d’information iraniens, les difficultés créées par la police.
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