Mohammed Ali Arsin, 59 ans, marchand de tapis, pose dans sa demeure de 8000 mètres carrés à Lavassan, au dessus de Téhéran. Son fils cadet est à gauche, sa femme au fond, en vert. Grand supporter du régime, ce marchand ne s’embarrasse pas des contradictions ni des vérités historiques douteuses. Son discours est violemment anti-américain, mais il fait l’essentiel de son chiffre d’affaire dans sa boutique de Dallas, au Texas. Il est aussi obsédé par les Juifs, qui, à son avis, tentent de dominer le monde. « Les Juifs vivent toujours dans des endroits où les gens sont idiots, pour mieux les exploiter. Il n’y a aucun juif à Tabriz (nord-ouest de l’Iran), parce que les gens là-bas sont trop intelligents pour eux ». En vérité, suite à une campagne haineuse des mollah chiites de l’époque, les Juifs de Tabriz ont tous été exécutés en 1830. Mohammed Ali Arsin a un avis tranché sur toutes sortes de sujets, en particulier sur les femmes. Celles de Tabriz seraient les meilleures, car elles cuisinent bien et s’occupent parfaitement de leur mari. « Les femmes, dit-il, c’est comme les tapis. Il faut savoir les choisir ».

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SON : Un extrait de l’interview de Mohamed Ali Arsin


Paolo prépare son matériel pour le portrait de Mohamed Ali Arsin, dans sa villa de Lavassan


Les femmes de la demeure de Mohamed Ali Arsi nous saluent sur le pas de la porte

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