Sadjad Ramezan-Ali, 22 ans (à droite), et son frère Ehsan, 27 ans, n’ont jamais eu les mêmes goûts. Le plus âgé aime la musique : son téléphone portable sonne sur un air de Shajarian, le grand musicien iranien pendant que celui du cadet retentit d’un appel à la prière. Ehsan adore les films de Robert de Niro, Sadjad ne regarde que des films de guerre iraniens. Jusqu’au 12 juin 2009, les deux frères cohabitaient tant bien que mal dans la maison familiale de Shar-e Rey, un bastion conservateur au sud de Téhéran. Ils y partagent d’ailleurs le même ordinateur, consultant chacun des sites web différents. Dès le 13 juin, le cadet, membre de la milice islamique des bassijis, passa ses jours et ses nuits à frapper les « marches vertes » au gourdin, en collaboration avec les Gardiens de la Révolution qui supervisent la répression. Ehsan, l’aîné, était lui aussi dans la rue, mais du côté des manifestants. Ils sont ici réunis pour la soirée dans un restaurant de Shar-e Rey, sous le regard inquiet de leur père qui, pour maintenir un semblant de paix familiale, doit dissimuler sa détestation du président Ahmadinejad : « il a remplacé la pensée par la superstition et a humilié l’intelligence du peuple iranien », dit-il.

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SON : Un extrait de l’interview de Sadjad Ramezan-Ali.


Sadjad pose dans le couloir de bus de l’avenue Enquelab. Deux minutes plus tard, un immense convoi militaire nous obligera à nous rabattre sur le côté : on est en pleine répression du mouvement vert, en juin 2009.


Dans un restaurant traditionnel de Shar-e Rey, un bastion conservateur au sud de Téhéran Reza Ramezan-Ali, réparateur de tapis de son état, entouré de ses deux fils si différents, Ehsan à gauche et Sadjad à droite.


Les auteurs avec la famille Ramezan-Ali, dans un restaurant traditionnel de Shar-e Rey. A droite, Mehraneh, notre interprète.

tags: iran, manifestation, Moussavi, bassidj, bassidjis

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