Amin Aqa, au centre, veste en cuir, est un « javanmard », c’est-à-dire un gentilhomme, ou encore un louti, voyou au grand cœur, la version iranienne de Robin des Bois qui aident les pauvres et portent les sacs des vieilles dames. Les loutis sont très religieux mais aussi très indépendants des différents régimes politiques, ce qui expliquent leurs aller-retour en prison, pour des délits de droits commun ou leur opposition politique. Il est arrivé que les loutis soient instrumentalisés, comme lors du coup d’Etat de 1953 : deux fameux loutis du sud de Téhéran avaient alors reçu des valises de dollars de la CIA pour participer au renversement du premier ministre Mossadegh. Ils ont un code de l’honneur, qui recoupe celui des Zurkhoune (maisons de force) et ils vénèrent Golamreza Takhti, lutteur, médaille d’or olympique à Melbourne en 1956. Takhti, à la fois d’une force étonnante et d’une extrême délicatesse, avait rassemblé de l’aide pour les victimes du tremblement de terre de Quazvin en 1961. Sa popularité inquiétait le Shah, d’autant qu’il était plutôt du côté des révolutionnaires. Cela expliquerait sa mort mystérieuse en 1968. Après la révolution, le régime a tenté d’imposer, dans les quartiers, la suprématie des bassidjis (volontaires islamiques) pour battre en brèche le pouvoir des loutis. Cela n’a pas toujours fonctionné et la bonne fortune d’Amin Aqa, dans le quartier de Sizdah Aban, en est la preuve !

Amin Aqa, chef de bande.

Serge, entouré par deux loutis de la bande d’Amin Aqa.
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VIDEO : Réunion de la bande d’Amin Aqa dans un kebabi du quartier de Sizdah Aban, au sud de Téhéran.
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