Au lendemain des élections controversées du 12 juin 2009, une jeune femme à l’arrière d’un taxi prend des photos des manifestations avec son téléphone portable. Le pansement qu’elle porte montre qu’elle vient de subir une opération du nez, une opération très populaire en Iran où 274 jeunes filles et de plus en plus de garçons se font refaire le nez chaque jour qu’Allah fait. Téhéran peut même être considérée comme la capitale mondiale des opérations du nez. Le but est d’éliminer le nez bossu ou trop large pour un modèle en trompette (appelé ski jump) ou fin et droit. « Les femmes iraniennes sont magnifiques. Leurs yeux, leur bouche, le teint de leur peau, tout est souvent très réussi. Le seul problème, c’est leur nez » nous a expliqué le Dr Modarres, spécialiste en rhinoplastie tout en faisant un geste, comme s’il appliquait une patate au milieu de son visage. « Et c’est vraiment dommage, poursuit-il. Si votre nez est trop gros, personne ne fera attention à vos beaux yeux. Surtout en Iran, car c’est le nez qui ressort le plus quand vous avez la tête couverte par un foulard ou un tchador ».

Shieda, 37 ans, skie presque tous les week-ends en hiver. Les pistes ne sont qu’à une heure au nord de Téhéran. Elle aurait les moyens de partir à l’étranger, mais préfère la vie en Iran, entre autres, dit-elle, parce que la chirurgie esthétique y est abordable.

Sur les pistes de ski de Dizin. Les pistes ne sont qu’à une heure au nord de Téhéran

Reyhaneh, étudiante en arts graphiques, fait partie de la campagne pour la réélection du président Ahmadinejad. Elle estime que la situation en Iran est meilleure que partout ailleurs. Elle dit avoir opéré son nez, il y a quelques semaines, pour corriger un problème respiratoire et en avoir profité pour l’embellir. « Mais ce n’était pas le but principal », dit-elle.

La théologienne Samaneh Nik (voir ici), de profil. Photo Serge Michel.

Exemple de rhinoplastie : ici au bazar de Tadjrish, dans le nord de Téhéran. Photo Serge Michel.

Exemple de rhinoplastie : ici à l’aéroport de Téhéran, terminal des vols domestiques. Ce modèle en trompette, appelé « ski jump » était très à la mode il y a quelques années. Photo Serge Michel.
Idée originale et conception : Carole Cheysson, Conception graphique : Emma Brante, Webdesign : Crosscross, Production : Les poissons volants, Musique : Googoosh, All images © Paolo Woods, Copyright Éditions Grasset, Paris.